De 1962 à aujourd'hui

Le groupement des commandos parachutistes dissout, le commando 50 affecté à des missions de protection en République Fédérale d'Allemagne, une page glorieuse est tournée et les valeurs des commandos de l'air mises en jachère.

Mais l'amertume n'altère pas leur sens du devoir. Devenue compagnie de commandos parachutistes, l'unité se transforme en escadron de protection chargé d'assurer la protection des Forces Aériennes Stratégiques (FAS).

Le premier signe du renouveau est la création à Nîmes le 05 avril 1965 de l'Escadron des Fusiliers Commandos de l'Air (EFCA). Cet Escadron réunit des anciens du groupement des commandos parachutistes de l'air et des jeunes qui n'ont pas connu l'Algérie. Il reçoit une double mission. Tout d'abord la formation de tous les fusiliers de l'air et une mission opérationnelle d'évaluation des unités de protection implantées sur les bases aériennes nucléaires. L'escadron participe également aux manoeuvres inter-armées dans le cadre de la défense du territoire.

La confiance retrouvée, une foi intacte dans la mission, une volonté décuplée et une compétence reconnue valent à l'EFCA de recevoir le 1er août 1968 une mission d'intervention rapide par aérotransport. A cette occasion, il devient l'Escadron des Fusiliers Commandos et d'Intervention (EFCI).

Cette montée en puissance est couronnée le 30 septembre 1969 par la remise du drapeau du GCPA jusqu'alors conservé au service historique de l'armée de l'air.

L'armée de l'air désirant renforcer la défense de ses points sensibles, les fusiliers commandos de l'air vont progresser rapidement. Les effectifs augmentent, de nouveaux matériels sont expérimentés et mis en service.

Le 1er juillet 1976 le Groupement des Fusiliers Commandos de l'Air (GFCA) est créé. Le GFCA est chargé de l'instruction des fusiliers commandos de l'air, de l'évaluation de la défense des points sensibles et de l'intervention rapide en tout lieu et en toute circonstance.

En 1985, le GFCA est placé directement sous l'autorité du chef d'état major de l'armée de l'air.

Le 11 mars 1994, le GFCA devient le Commandement des Fusiliers Commandos de l'Air, commandement organique de l'armée de l'air.

Le CFCA est ainsi composé :

- de 32 unités de protection (sur chaque base aérienne) et des détachements à l'étranger,

- de deux unités d'instruction :

        o l'Escadron de formation des commandos de l'air (EFCA 08.566) à Dijon; il forme l'ensemble des fusiliers commandos de l'air et des cynotechniciens de l'armée de l'air,

        o le Centre air de saut en vol (CASV 51.566) à Orléans,

- d'un Escadron de maintenance cynophile (EMCA) à Creil,

- de trois unités d'intervention d'environ 600 hommes au total :

       o le Commando parachutiste 10 à Orléans,

       o le Commando parachutiste 20 à Villacoublay,

       o le Commando parachutiste 30 à Bordeaux-Mérignac.

 

Les trois CPA ont d'abord chacun une mission particulière.

- Le CPA 10 est spécialisé dans le guidage d'aéronefs et de bombes guidées-laser la mise en oeuvre d'aérodromes, la reconnaissance de terrain de poser d'assaut (RTPA) et le renseignement. Sa principale activité est ainsi la prise en compte, la sécurisation et la remise en oeuvre d'une zone aéroportuaire. Pour ses missions, le CPA 10 a intégré dans ses membres des spécialistes qui ne sont pas forcément fusiliers commandos (armuriers, électrotechniciens, informaticiens, spécialistes radios, radar...).

- Le CPA 20 est responsable de la formation et de l'emploi des tireurs d'élite à bord d'hélicoptères de la mission MASA (mesures actives de sûreté aérienne) à l'encontre d'avions légers. Basé à Villacoublay, il utilise les hélicoptères de l'EH 3/67 Parisis; les MASA de nuit, pour lesquelles le CPA 20 est qualifié depuis fin 1997, s'effectuent sur Alouette III équipée de caméras infrarouge. Héritier de la CPH, le CPA 20 a la charge de représenter l'armée de l'air lors des cérémonies de prestige et l'accueil de hautes personnalités. Enfin, le CPA 20 doit fournir des renforts outre-mer; jusqu'à 40 % de ses effectifs y sont employés.

- Le CPA 30 est responsable de la formation et de l'emploi des groupes de recherche et de sauvetage dans la mission de recherche et de sauvetage au combat (RESCO ou CSAR en anglais). Il bénéficie de l'appui d'hélicoptères spécialisés de l'EH 1.67 Pyrénées de Cazaux. La RESCO est une mission de temps de crise qui consiste à aller récupérer un équipage éjecté en zone ennemie. C'est une opération lourde qui engage d'importants moyens aériens; le groupe de récupération au sol composé de commandos de l'air est héliporté de nuit au travers des lignes ennemies au plus près des survivants.

Le CPA 10 est directement employé par le Commandement des Opérations spéciales (COS).

En plus de leurs spécificités, les CPA ont des missions d'ordre général telles que le renforcement de la protection défense des points sensibles de l'Air (mesure Mousquetaire), la protection défense d'éléments Air projetés hors du territoire métropolitain (cellules Rapace), des missions de service public le cas échéant. Pour les commandos de l'air, les cellules Rapace figurent dans un catalogue interarmées (cellules Guépard pour l'armée de terre, cellules Tarpon pour la marine) des moyens susceptibles d'être engagés dans le cadre de la mise sur pied d'une opération extérieure. Ces cellules Rapace sont destinées à la protection des appareils déployés, elles sont des éléments pré-constitués en personnel, armement, munitions et logistique. Leur importance varie du groupe à la compagnie selon le type de mission confiée.

Enfin, le CFCA est chargé de l'instruction militaire de tous les élèves officiers à Salon de Provence et des fuscos sont employés par le commandement des écoles pour la formation militaire des MTA à Saintes et des jeunes sous-officiers à Rochefort.

Depuis la fin de 2002, les missions des trois CPA se sont banalisées. Ainsi au cours de l'opération Héracles en Afghanistan, le CPA 10 a dû mettre au point des méthodes originales de récupération d'équipages en zone montagneuse à haute altitude. En effet, les missions entre Douchanbé ou Manas et Kaboul se déroulaient en survolant des sommets de plusieurs milliers de mètres d'altitude et entraînaient le risque de voir des équipages contraints de s'éjecter dans des zones situées hors de portée des hélicoptères de recherche et de sauvetage. Pour faire face à ce nouveau besoin, il a été imaginé d'utiliser des C 130 d'où sont larguées des équipes composées de fusiliers commandos et de divers spécialistes dont des médecins et des gendarmes du Peloton de haute montagne pris en charge par des pilotes de parachute biplace. Ces missions appelées RESAL (recherche et sauvetage aérolargué) ont pour objet de retrouver l'équipage éjecté, le sécuriser et le descendre dans des vallées où les hélicoptères classiques (Puma ou Cougar) peuvent venir effectuer les récupérations. Le CPA 20 est qualifié RESCO depuis 2003 et RESAL depuis 2004. Le CPA 20 s'est ainsi scindé en 2 compagnies, Bretagne pour les missions MASA et Normandie pour les missions de recherche et de sauvetage d'équipages. Le CPA 30 s'est également qualifié pour la RESAL en 2004.

Le 17 mars 2003, le CFCA devient le Commandement des Forces de Protection et de Sécurité de l'Armée de l'Air (CFPSAA), absorbant ainsi les pompiers de l'air sous sa tutelle.

En septembre 2007, en raison de la réorganisation de l'armée de l'air, le CFPSAA devient la BAFSI (Brigade Aérienne des Forces de Sécurité et d'Intervention). Le 20 juin 2008, la BAFSI quitte la Base aérienne 102 de Dijon pour rejoindre le CFA (Commandement des Forces Aériennes) sur la Base aérienne 128 de Metz. A cette occasion, la garde du Drapeau des commandos parachutistes de l'air est confiée à l'Escadron de Formation des Commandos de l'Air de Dijon.

Le 01 septembre 2008, le CPA 20 quitte la Base aérienne de Villacoublay et va s'installer dans les anciens locaux de la BAFSI sur la Base aérienne de Dijon.

Les restructurations de l'armée de l'air provoquent la fermeture de plusieurs bases aériennes et la dissolution de certaines unités :

- l'escadron de maintenance cynophile (EMCA) de Creil est dissout,
- les escadrons de protection de Cambrai, Taverny, Metz, Nice, Salon de Provence, Reims sont dissous,
- le 20 Août 2012, le commandement des forces aériennes, en raison de la fermeture de la base aérienne de Metz, vient s'installer sur la base aérienne de Dijon. Ainsi, quatre ans après son départ, la BAFSI retrouve le sol Bourguignon.