De 1954 à 1962

Novembre 1954, alors que les combats viennent tout juste de cesser en Indochine, l'armée française se trouve engagée en Algérie.

Le commandement a pris la décision de quadriller le terrain avec ses troupes, afin de protéger les personnes et les biens. L'armée de l'air participe à cet effort qui nécessite le maintien du contingent sous les Drapeaux et le rappel des disponibles.

Le Général De Maricourt, qui commande le groupement aérien tactique n°1 à Constantine, estime que l'armée de l'air doit prouver sa capacité à intégrer les formes nouvelles de la guerre et sa volonté de prendre part à ce nouveau conflit. A cet effet, il souhaite organiser des unités commandos adaptées à ces éxigences particulières. Sa ténacité lui permet de surmonter toutes les difficultés et d'obtenir un accord de principe du chef d'état major de l'armée de l'air.

Le 03 mars 1956, il est demandé aux Régions aériennes de rechercher des volontaires, et le 12 mars 1956, une décision du secrétaire d'Etat aux forces armées de l'air officialise la création des commandos de l'air. Ceux ci sont destinés à être transportés par hélicoptère et à combattre au sol. Le but de l'opération est d'obtenir des cadres de valeur pour les unités de défense et de garde et de prouver accessoirement que l'armée de l'air sait combattre aussi bien au sol que dans les airs.

Au terme d'épreuves de sélections draconiènnes, sont rassemblés à Mourmelon et à la Reghaia (Algérie) les éléments qui vont constituer respectivement les commandos 10 (Capitaine Meyer) et commando 20 (Capitaine Lucht puis Jomain) créés officiellement le 15 mai 1956.

Les volontaires appelés, engagés ou de carrière issus de toutes les spécialités de l'armée de l'air, sont brevetés parachutistes en juin 1956 à Philipeville. Le Général De Maricourt, devenu commandant de l'air en Algérie, rencontre alors un diplomate de carrière, mis en disponibilité à sa demande, le commandant de réserve Coulet. Ancien chef de cabinet du Général De Gaulle, premier commissaire de la République des territoires libérés en Normandie en 1944, ancien ambassadeur de France en Iran et Yougoslavie, il est également breveté parachutiste. Il le choisit comme chef de la nouvelle unité.

A l'initiative de ce chef, les commandos effectuent leur apprentissage professionnel auprès des meilleurs régiments parachutistes. Il s'agit d'une initiation ultra rapide au combat. Sous le feu de l'ennemi, ils ont immédiatement la révélation de ce que l'on n'apprend pas dans une cour de caserne. Ils obtiennent rapidement leurs premiers succès et déplorent aussi leurs premiers morts.

Le commando 30 (Capitaine Turck) est créé le 25 juillet 1956, puis le commando 40 (Capitaine Furher) est mis sur pied le 03 janvier 1957. Les quatre commandos réunis forment à compter du 01 mai 1957 le groupement des commandos parachutistes de l'air. Ils défilent sur les Champs Elysées le 14 juillet. Le 1 er février 1959, le commando 50 (Capitaine Le Guen) est créé. Il est issu du commando expérimental (Capitaine Morel, ancien du 601 ème GIA). Le 03 février 1959 à La Reghaia, au cours d'une importante prise d'armes, le groupement reçoit son drapeau des mains du Général Jouhaud, chef d'état major de l'armée de l'air. C'est la consécration.

Intégrés dans les unités des réserves générales, ils prennent part aux opérations dans tous les secteurs. Ils mènent à un rythme fou une vie sans confort et se forgent, mieux qu'un esprit de corps, un esprit de famille plus fort que la plus belle des camaraderies. La politique algérienne du gouvernement crée chez certains d'entres eux un drame de conscience qui conduit les plus éxaltés à prendre part au putsch militaire d'avril 1961.

Cette participation ne leur est pas pardonnée. Le groupement des commandos parachutistes de l'air est dissous le 31 mai 1961 et ses éléments dispersés. Seul subsistera le commando 50 qui à Colomb Bechar, est resté à l'écart des évênements d'Alger. Il est transformé en compagnie de commandos parachutistes de l'air et s'installe en juin 1962 sur la Base aérienne de Bremgarten (Allemagne).

Les opérations menées de 1956 à 1962 par les commandos parachutistes de l'air leur ont permis de mettre de très nombreux rebelles hors de combat. Sur un effectif qui n'a pas dépassé le millier, 78 des leurs sont tombés au Champ d'Honneur et 174 sont douloureusement marqués dans leur chair. Les décorations obtenues permettent de les classer parmi l'élite des unités parachutistes engagées.

Ils sont dignes de leurs anciens des groupes d'infanterie de l'air et des régiments parachutistes de la deuxième guerre mondiale.