Commandos Parachutistes de l'Air






Fleuron des unités des fusiliers commandos de l'air, reconnue comme unité combattante de pointe de l'armée de l'air et apprécié pour ses compétences et son professionnalisme dans le milieu des forces spéciales le CPA 10 est chargé plus particulièrement de contribuer à l'engagement, dans la profondeur, des aéronefs.


 

Unité de l'armée de l'air employée par le commandement des opérations spéciales (COS), le CPA 10 est composé d'un peu plus de 250 personnes. Les opérations spéciales sont des actions militaires spécifiques, menées par des unités entraînées et équipées en conséquence. Elles se distinguent des opérations conventionnelles par un cadre espace-temps différent, par un niveau de risque consenti et par des modes opératoires particuliers. L'engagement de ces forces est soumis à un contrôle politico-militaire étroit et permanent.

Au sein du COS, le CPA 10 est orienté vers l'emploi de la troisième dimension, dont l'appui aérien. Il possède une expertise dans la reconnaissance et le marquage de terrain pour des posers d'assaut d'aéronefs de transport et maîtrise également toutes les techniques nécessaires à la prise par la force d'une zone aéroportuaire.

            
Le parachute pour la mise à terre du commando et la technique de la grappe pour sa récupération.

Le CPA 10 est composé d'une dizaine de groupes "action", chacun constitué d'une douzaine de personnes. Tous les groupes maîtrisent un standard d'actions commando, comme le sabotage, la destruction, le renseignement, les patrouilles motorisées. Chaque groupe acquiert ensuite une spécialisation : la chute militaire opérationnelle, la récupération d'otages (Invex) ou le guidage d'aéronefs.

 
Patrouille motorisée

Le contrat opérationnel du CPA 10 se décline autour de deux missions majeures que sont l'observation, destruction de sites par l'arme aérienne (ODESSAA) et le renseignement saisie et expertise de domaine aéroportuaire (RESEDA).

L'ODESSAA consiste à infiltrer une ou plusieurs équipes de commandos pour la recherche d'objectifs et le guidage de frappes aériennes chirurgicales dans la profondeur. Le concept et les modes d'actions de ce type de mission sont développés depuis plusieurs années par le CPA 10 en liaison avec les escadrons de chasse de l'armée de l'air. Ils mettent en oeuvre le panel des savoir-faire du commando parachutiste de l'air: infiltration terrestre ou aérienne, progression en milieu hostile, camouflage, utilisation des moyens de transmission et de guidage terminal de l'armement embarqué.

 
 
Chuteurs à grande hauteur équipés d'appareils de respiration sous oxygène

Le RESEDA consiste, pour un groupement de forces spéciales envoyé en ouverture de théâtre, à se saisir d'un aéroport pour l'accueil de forces conventionnelles ou pour l'évacuation de ressortissants. L'infiltration sous voile après un saut à ouverture haute, le renseignement, le tir de précision longue distance, l'appui aérien, la prise de bâtiments aéroportuaires et la gestion des premiers mouvements aériens sont autant de compétences nécessaires et maîtrisées par les hommes du CPA 10.


Exercice d'évacutation de ressortissants

Seule unité spéciale à posséder ces capacités, le CPA 10 développe en permanence des procédés et matériels dans le domaine de l'appui aérien, participant ainsi à la recherche et aux avancées technologiques profitables à l'ensemble des armées.






Longtemps associé aux cérémonies d’honneurs et à la mise en œuvre des mesures actives de sûreté aérienne (MASA), le Commando parachutiste de l’air n°20 s’est spécialisé dans deux domaines d’expertise : l’appui aérien et la protection de force en opérations.

 

Implanté sur la Base aérienne 102 à Dijon, le CPA 20 est composé de 250 personnes environ, réparties en deux compagnies spécialisées : l’une dans l’appui aérien rapproché et l’autre dans la protection de force.

L’unité s’entraîne au guidage d’aéronefs, en coordination avec les experts du CPA 10 et du centre de formation à l’appui aérien (CFAA, unité du Commandement des forces aériennes) de Nancy. Le CPA 20 comprend plusieurs équipes TACP (Tactical Air Controler Party - équipe au sol d’appui aérien), dirigées et supervisées par les JTAC (Joint Terminal Attack Controler - contrôleur aérien avancé). L’équipe TACP est composée d’une dizaine de membres spécialisés dans le domaine de l’appui aérien mais qui sont avant tout des combattants capables d’agir en toute autonomie. On trouve un contrôleur aérien avancé (FAC), un transmetteur radio, un opérateur de l'appareil DHY307 de désignation de la cible, un extracteur de coordonnées, un tireur d'élite, un mitrailleur Minimi.




En Afghanistan, les commandos de l’air du TACP accompagnent quotidiennement les militaires français et alliés dans leurs manœuvres sur le terrain pour ouvrir des routes, occuper des espaces et couvrir des vallées où se dissimulent les Talibans, qui ralentissent leur progression. Ils les soutiennent en leur fournissant, si besoin est, un appui aérien adapté. Lors d'un accrochage avec les talibans, appelé TIC ("Troop in contact"), le FAC demande un appui aérien. A l'arrivée de l'avion sur zone, l'équipe TACP fournit au pilote la situation tactique au sol et, si nécessaire, dirige la frappe aérienne sur les positions ennemies.


Bien que la mission MASA (mesures actives de sûreté aérienne) visant à faire respecter la souveraineté nationale dans l'espace aérien ne soit pas un domaine exclusif du CPA 20, cette activité reste associée au pôle d’excellence de l'unité.

L’alerte MASA s’inscrit dans le cadre de la Posture permanente de sûreté (PPS), prise par l’armée de l’air pour surveiller l’espace aérien français. La PPS s’appuie sur deux moyens complémentaires : la permanence opérationnelle (PO) - armée par des avions de chasse (hautes vitesse et altitude); et la MASA - armée par des hélicoptères.


Si l’équipe TACP et le pilote de chasse forment un système d’arme à part entière, l’équipe MASA et l’équipage de Fennec constituent un autre tandem tout aussi indissociable. A bord de l’hélicoptère prend place un binôme de commandos de l’air comprenant un chef d’équipe MASA et un tireur embarqué. Si le pilote intrus refuse de s’identifier et/ou de quitter la zone interdite, l’équipe MASA tente de l’arraisonner, c'est-à-dire de le forcer à se poser. Le Fennec se positionne alors au-dessus de lui, le contraignant à descendre. En dernier recours, si les tentatives d’arraisonnement n’ont pas suffi, un ordre de tir peut être donné à l’équipe. C’est le Premier Ministre, relayé par le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), qui autorise cette intervention ultime.  Le chef d'équipe et le tireur d’élite ont alors pour mission de neutraliser l’appareil.

 

 

Dans le domaine de la protection des sites de l'armée de l'air sur le territoire national, les commandos de l'air exercent leurs compétences exclusivement à l'intérieur des enceintes militaires. Dans le cadre des opérations extérieures, les commandos de l'air doivent être en mesure de sécuriser les abords des sites où sont mis en oeuvre des moyens de l'armée de l'air, tout spécialement lorsqu'ils sont situées au coeur de la zone hostile, à portée des coups de l'ennemi.
Assurer la sécurité des décollages et des atterissages des aéronefs en contrôlant les zones des axes d'approches, garantir la protection des personnels contre les tirs ou les attaques sont des missions du domaine de la protection de force en opération.
A l'instar des RAF Regiments britanniques qui assurent la mission de protection de force, notamment autour de la base interalliés de Kandahar en Afghanistan, le CPA 20 développe les techniques des patrouilles motorisées dont la mobilité et la puissance de feu permettent d'assurer une présence dissuasive aux alentours des sites à protéger , de  collecter le renseignement auprès de la population environnante, d'intervenir sans délai sur une menace ou une attaque et, si nécessaire, d'engager le combat.

 





 




 

 

Composé d’environ 250 personnes, le commando parachutiste n°30 implantée en région bordelaise, est organisé en trois types de modules : la récupération au sol (MRS), la protection et l’intervention (MPI) et le module cynotechnique.

 

La recherche et le sauvetage au combat (RESCO), la mission principale du CPA 30, est désormais élargie au concept de récupération de personnel isolé (RPI), mieux connu sous son appellation anglaise de Personnel Recovery (PR). La RESCO consiste à récupérer un personnel navigant éjecté au dessus d’un territoire hostile alors que le périmètre de la PR est plus large puisqu’il s’applique à toutes les unités de la force (personnel civil et militaire), opérant hors du territoire national, avec l’extension possible à d’autres forces ou organisation internationales. L’objectif final reste le même : récupérer un individu au moyen d’un vecteur aérien.

La mission de PR est actuellement menée sur le théâtre afghan. Un équipe du CPA 30 est intervenue, en 2007, pour la récupération d’un équipage d’un hélicoptère AB 212 italien et de ses passagers suit à un crash dans la région de Kaboul.
Le CPA 30 travaille en très étroite collaboration avec l’Escadron d’hélicoptères 1/67 « Pyrénées ». La synergie entre ces deux entités permet une efficacité opérationnelle accrue pour l’accomplissement de la mission Resco.

 

Le déroulement d'une mission RESCO


Deux hélicoptères Cougar EC 725 arborent sur leur flan un léopard rouge, insigne de l’escadron d’hélicoptères EH 1/67 « Pyrénées ». Stationnés en bordure de la zone de conflit, ils procèdent à un avitaillement au sol à partir d’un Transall C160 NG. Cette station essence tactique, à proximité immédiate de la FLOT (Forward Line of Own Troup/ligne avancée des troupes alliées) rend possible une pénétration en profondeur au cœur de la zone de conflit. Le plein terminé, les deux appareils décollent, encadrés par leurs gardes du corps, deux Tigre de l’ALAT (aviation légère de l’armée de terre), armés « jusqu’aux crocs ».

Gros plan sur l’habitacle de l’EC 725 leader. À l’intérieur, une quasi-obscurité empêche de distinguer l’équipage et les membres du groupe de récupération au sol (GRS). Outre le haut niveau de risque lié à cette mission « temps de guerre », l’opération se déroule en pleine nuit. La « rescue team », l’équipe de récupération, opère à l’aide de jumelles de vision nocturne (JVN). Les écrans de navigation de la planche de bord sont traités « bas niveau de luminosité » afin de gommer les reflets gênant l’acuité visuelle des pilotes.

Les voilà… en territoire hostile. Après le passage de la FLOT, la tension au sein des équipes de récupération est vive. Plus aucun bruit, si ce n’est le « flap-flap » caractéristique de la rotation des pales. Chacun est à son poste et redouble de vigilance. Les « gunners », un plongeur et un mécanicien navigant, placés de chaque côté de l’aéronef, se tiennent prêts à faire feu sur d’éventuels assaillants. Des hommes du commando parachutiste numéro 30 (CPA 30) sont, quant à eux, en position d’observation pour détecter une activité hostile au sol. Le système de localisation de l’hélico interroge la balise du « survivor »… « Cinq minutes ! » Le commandant de bord annonce l’arrivée imminente sur les lieux de dépose du GRS. L’équipe se remémore les éléments de la mission vus au briefing… « Trois minutes ! » Les commandos allument leur matériel, notamment le GPS et la radio… « Une minute ! » Le groupe de récupération au sol se décroche de la ligne de vie et enfile les gants de protection pour l’ingression par corde lisse…

Phase 1 : la dépose des commandos

L’effet de surprise n’existe pas dans ce type de mission, le vacarme des hélicos a déjà alerté l’ennemi, la progression vers le « survivor » (SVV) doit se faire le plus rapidement possible. Les commandos, équipés de jumelles de vision nocturne, avancent de point d’écoute en point d’écoute. Avant de traverser une clairière où le groupe serait vulnérable, le chef décide une halte favorable à l’observation. Une fois la situation jugée sûre, la zone à découvert est franchie hâtivement suivant la technique nommée « bond ». En moyenne, un groupe d’infiltration progresse de nuit à la vitesse de cinq kilomètres à l’heure. À proximité du « survivor », le GRS réalise une dernière authentification radio pour s’assurer que la situation est normale. Contact visuel : l’un des pointeurs a repéré le dispositif de signalisation allumé par le SVV…

La mise à terre du groupe de récupération au sol s’effectue selon une procédure maintes fois répétée au cours des entraînements aux techniques commandos. D’une simple pression sur la commande, le pilote de l’EC 725 se place en stationnaire. Les uns après les autres, les commandos glissent le long de la corde lisse. En moins d’une minute, la totalité du personnel de récupération est au sol. Tout est parfaitement rodé. Immédiatement, les membres de l’équipe Resco adoptent la formation « Alpha ». En fonction de la configuration du terrain, le chef décide d’appliquer la disposition tactique adaptée. À l’instar d’une équipe sportive, des noms particuliers sont attribués aux membres du GRS. « Pointeur un », « pointeur deux », « ailier droit », « ailier gauche », « back » Autant de termes qui définissent à la fois les armes et le rôle de chaque équipier.
Les armes de prédilection de cette « Rescue Team » sont au nombre de quatre. En premier lieu, la mitrailleuse Minimi, une arme de couverture dotée d’une formidable cadence de tir. Elle arrose les assaillants d’un feu nourri qui les maintient distance. La deuxième arme en service chez ces spécialistes CSAR est le pistolet mitrailleur H&K MP5 au canon intégrant un silencieux. Outil préféré des troupes d’intervention, il se montre très performant pour le combat rapproché. Souvent utilisé par le « back », un des équipiers de l’équipe de récupération et en service dans les escadrons de protection, le fusil d’assaut FAMAS est couplé à un lance-grenade. Une arme de poing de type pistolet automatique PAMAS complète l’arsenal.

 

 




Phase 2 : la progression

Dernier point d’écoute. Le sous-bois semble calme. Ni les jumelles de vision nocturne, ni la caméra thermique ne dévoilent la présence d’éléments hostiles dans les environs. Balayant la zone de récupération à l’aide d’un dispositif de surveillance de haute précision, l’avion de patrouille Atlantique II de la flottille 21F ne détecte aucune activité hostile dans les environs.



Phase 3 : fouille, authentification, identification

Le GRS se déploie autour du pilote éjecté pour sécuriser la zone au maximum. Sur ordre du chef de groupe, des commandos se dirigent vers le « survivor ». À genou, en position de soumission, le navigant présente ses pièces de reconnaissance. Pendant que l’un des commandos pointe son arme sur la tête du pilote, un autre procède à une fouille au corps énergique. Une ultime authentification est accomplie. C’est OK, le « survivor » est ensuite soumis à un « interrogatoire » à partir de l’ISOPREP (ISOlated Personal REPort). Elle garantit la fiabilité des renseignements et réduit à néant les risques de leurrage de l’ennemi. Une fois l’authentification terminée, les membres du CPA 30 procèdent à l’identification visuelle. Avant de partir en mission, tous les éléments du GRS ont pris connaissance de l’ISOPREP et ont en mémoire une description parfaite du navigant. Cette procédure rigoureuse, mise en place dans le cadre d’une réglementation Otan, est une garantie qui évite les risques d’embuscades ou de pièges pouvant entraîner la capture ou la mort du personnel chargé de la récupération. Pour ces raisons, les missions CSAR sont uniquement accomplies par une équipe qualifiée au profit exclusif de personnels entraînés et spécialisés. Une fois les phases de fouille, d’authentification et d’identification achevées, le GRS « prend en compte » le « survivor »…


 

 

Phase 4 : la récupération

Les pointeurs laser, équipant les armes de ces combattants, sont aptes à marquer la cible. Visibles à l’aide des jumelles utilisées par les équipages des hélicos, le faisceau laser ainsi généré indique la position exacte de la cible.

Arrivé au lieu de récupération, le GRS utilise ses compétences dans le domaine aéronautique afin de baliser la zone de poser. Cette aire d’atterrissage sommairement aménagée est invisible à l’oeil nu, grâce à l’utilisation d’une signalisation infrarouge.

   

À peine le balisage terminé, les hélicos prévenus se rendent au point de rendez-vous. Si la situation tactique apparaît favorable, l’EC 725 se pose. Encadré par le GRS, le blessé prend place à bord. La mission n’est pas terminée pour autant, il faut encore rejoindre le territoire ami…


Le CPA 30 possède également la capacité de recherche et sauvetage aérolargué (RESAL), une varainte de la RESCO. Pour cette mission, le MRS est embarqué à bord d'un avion de trasport tactique pour être largué à grande hauteur. Pour être qualifiés, les chuteurs doivent effecuer des stages en milieux montagneux, désertique et équatorial, tout en réalisant annuellement une cinquantaine de sauts en configuration opérationnelle, dont une dizaine de nuit.


Le personnel du CPA 30 qualifié RESCO-PR est également en mesure d'assurer la mission de guidage d'aéronefs. Enfin, le CPA 30 participe à la mission de renfort de protection en opérations extérieures, grâce à ses MPI.