Les bases aériennes





 

L’idée de création de bases aériennes germe dans les premières années du XXème siècle, au moment où les exploits des pionniers de l’air, comme Santos-Dumont et Blériot, drainent une foule enthousiaste et l’amènent à se passionner pour l’aviation balbutiante. Dès l’automne 1908, l’Automobile-Club décide de créer une section d’Aéronautique et d’organiser, pour l’année suivante, un concours d’aviation entre Bourges et Châteauroux. Le prince d’Aremberg, président de l’association et conseiller général du Cher, convainc l’assemblée de l’intérêt qu’il y aurait à créer une « station aéronautique » dans le département.
Reste à trouver un lieu susceptible d’accueillir les installations. En septembre 1910, l’aviation démontre sa capacité à rendre d’immenses services dans le domaine de l’observation. Le ministre de la Guerre, jusqu’à lors sceptique, s’intéresse aux projets du Cher. Son choix s’arrête sur le camp d’infanterie d’Avord, visité par le commandant Hirshauer, responsable des aérostiers. Le rapport de ce projet auprès de l’assemblée départementale remporte tous les suffrages, puisqu’il déclare : «  Avord sera le Saumur de l’aviation ! » Le conseil général décide alors de voter une somme de 300.000 francs pour aménager le site et construire les hangars et des bâtiments.


Après la Première Guerre mondiale, les unités d’aviation sont regroupées en régiments sur un terrain dont la piste en herbe se trouve au centre du dispositif général. Là, vivent les unités, le personnel travaille dans des baraquements démontables et les hangars abritent les avions. L’unité stationnée, le régiment, d’un millier de personnes environ, comprend un état-major, un parc, des groupes et des escadrilles qui mettent en œuvre une dizaine d’appareils pour la chasse. Le parc est un établissement chargé des réparations du matériel technique. Il comprend, outre le commandement, des ateliers, des magasins, une section de transport, une section de phares et une école de spécialistes. Unité administrative complète, le régiment –incorporé dans des brigades aériennes- occupe un terrain ou aérodrome. Le terme « base » ne fait pas encore partie du vocabulaire, réservé à l’aviation navale.

                      

 
Le ministère de l’air est crée le 4 septembre 1928, date de nomination d’André Laurent-Eynac, premier ministre de l’Air. Il faut attendre le 1er avril 1933 pour qu’un décret interministériel fixe les principes généraux d’emploi et d’organisation de l’armée de l’air, créant officiellement cette nouvelle armée. Pendant les premières années de son existence, l’aviation militaire adopte les principes de l’armée de terre. Ce n’est qu’après son indépendance, en 1933, que l’armée de l’air peut s’organiser en s’adaptant à la spécificité de ses missions. La création des bases aériennes représente, à cet égard, une étape essentielle. Les régions aériennes sont au nombre de quatre en métropole, auxquelles il faut ajouter une cinquième en Afrique du Nord. Parallèlement, une réorganisation des régiments est mise à l’étude. En effet, ces unités extrêmement lourdes constituent une charge excessive pour le commandement. Leur organisation, calquée sur celle des régiments de l’armée de terre, ne répond plus aux spécificités des missions dévolues à l’armée de l’air. Déjà, au cours de l’année 1932, onze régiments ont été transformés en escadres, trois escadres de reconnaissance sont créées et cinq bases aériennes sont mises sur pied. La base comprend un état-major de brigade, un centre d’instruction (services généraux, mobilisation, perfectionnement des réserves), un parc d’aviation et un bataillon de dépôt (services administratifs, compagnies de dépôt, service de santé, section de fusiliers, section des engagés).


 
A Dijon, l’une des nouvelles bases aériennes créées, cinq escadres y stationnent : deux de reconnaissance, deux d’observation et une de chasse (la 7ème). Toutes ces unités, qui se composent de deux groupes à deux escadrilles, disposent d’une administration allégée. Ce sont les éléments fixes, ceux de la base, qui sont chargés de pourvoir aux besoins des unités aériennes. Pour ce faire, ils groupent les différents moyens nécessaires (instruction, ravitaillement, administration, mobilisation et garde).

Satisfait de ce modèle, Pierre Cot décide de créer définitivement les bases aériennes et adresse un rapport au président de la République, le 18 octobre 1933, dans lequel il précise : « L’expérience a montré que l’organisation des formations de l’armée de l’air en régiments, telle qu’elle résulte de la loi du 28 mars 1928, fixant les cadres et les effectifs de l’armée, n’est pas adaptée aux besoins particuliers de l’armée de l’air. Le commandement des régiments constitue, en effet, une charge excessive et leur organisation, inspirée des règles en vigueur au sein du département de la Guerre, répond mal aux nécessités de préparation des formations de l’armée de l’air aux missions qui lui sont confiées par le décret du 1er avril 1933. J’ai donc été amené à prescrire, dans certains centres de l’armée de l’air, l’expérimentation d’une formule nouvelle où, sous une vigoureuse concentration de l’autorité à l’échelon supérieur (brigade ou demi-brigade), des éléments fixes (bases), groupant les moyens généraux d’instruction, de ravitaillement, d’administration, de mobilisation et de place, pourvoient aux besoins des escadres. Des éléments mobiles (escadres), dotés d’une administration allégée, se consacrent à l’instruction tactique. Cette expérimentation limitée a donné des résultats concluants qui m’incitent à demander qu’elle soit étendue à la totalité des formations de l’armée de l’air. »

A la veille du vote de la loi du 2 juillet 1934, l’armée de l’air se compose d’unités stationnées sur le territoire de cinq régions aériennes : Metz, Paris, Tours, Lyon et Alger. Les bases de Dijon,  Metz et  Nancy sont rattachées à la 1ère  région aérienne ; Reims et Chartres à la 2ème ; Pau, Tours et Châteauroux à la 3ème, et Lyon pour la 4ème. Sept escadres de chasse, sept d’observation, trois de reconnaissance, une de bombardement et deux autres escadres représentent les grandes unités de l’époque. Cette organisation sera modifiée plusieurs fois par la suite, mais le principe de la séparation des éléments fixes et mobiles perdurera. L’armée de l’air se détache définitivement des modèles organisationnels de l’armée de terre pour adopter un fonctionnement inspiré de la Marine.






Métropole

Les Bases indiquées en rouge sont les sites dont la fermeture définitive est programmée.

  • Base aérienne 102 Dijon-Longvic « Capitaine Georges Guynemer »
  • Base aérienne 103 Cambrai-Épinoy « Commandant René Mouchotte »  2012
  • Base aérienne 105 Evreux-Fauville « Commandant Viot
  • Base aérienne 106 Bordeaux-Mérignac « Capitaine Michel Croci »
  • Base aérienne 107 Vélizy-Villacoublay « Sous-lieutenant René Dorme
  • Base Aérienne 110 Creil « Lieutenant-colonel Guy de La Horie
  • Base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson « Commandant Antoine de Saint-Exupéry
  • Base aérienne 115 Orange-Caritat « Capitaine de Seyne
  • Base aérienne 116 Luxeuil-Saint Sauveur « Lieutenant-colonel Tony Papin
  • Base aérienne 117 Paris « Capitaine Guynemer
  • Base aérienne 118 Mont-de-Marsan « Colonel Constantin Rozanoff
  • Base aérienne 120 Cazaux « Commandant Marzac
  • Base aérienne 123 Orléans-Bricy « Commandant Paoli
  • Base aérienne 125 Istres-Le tubé « Sous-lieutenant Monier
  • Base aérienne 126 Solenzara « Capitaine Preziosi »
  • Base aérienne 128 Metz-Frescaty « Lieutenant-colonel Jean Dagnaux »  2012
  • Base aérienne 133 Nancy-Ochey « Commandant Henri Jeandet » 
  • Détachement air 204 Bordeaux-Beauséjour
  • Base aérienne 217 Brétigny-sur-Orge « Colonel Brunet »  2012
  • Détachement air 273 Romorantin-Pruniers « Lieutenant-colonel Mailfert »
  • Détachement air 277 Varennes-sur-Allier « Capitaine Rousseau »
  • Base aérienne 278 Ambérieu-en-Bugey « Colonel Chambonnet »
  • Base aérienne 279 Châteaudun « Lieutenant Beau »
  • Base aérienne 701 Salon-de-Provence « Général Pineau »
  • Base aérienne 702 Avord « Capitaine Madon »
  • Base aérienne 705 Tours « Commandant Tulasne »
  • Base aérienne 709 Cognac-Châteaubernard « Commandant Ménard »
  • Base aérienne 721 Rochefort-Saint Agnant « Adjudant Gémot »
  • Ecole d'enseignement technique de l'armée de l'air 722 Saintes-Thénac « Capitaine Albert Raffin »
  • Base aérienne 749 Grenoble-Montbonnot
  • Base aérienne 901 Drachenbronn « Commandant de Laubier »
  • Détachement air 928 Brest - Loperhet
  • Base aérienne 942 Lyon-Mont Verdun « Capitaine Robert »
  • Base aérienne 943 Nice « Capitaine Auber »  2012

Outre Mer

  • Base aérienne 160 Dakar-Ouakam « Colonel Frédéric Geille » (Sénégal)
  • Base aérienne 181 Saint-Denis « Lieutenant Roland Garros » (Réunion)
  • Base aérienne 188 Djibouti « Colonel Massart » (Djibouti)
  • Base aérienne 190 Tahiti-Faa'a (Tahiti) « Sergent Julien-Allain »
  • Base aérienne 365 Lamentin (Martinique)
  • Base aérienne 367 Cayenne-Rochambeau « Capitaine Massé » (Guyane Française)
  • Détachement air 376 Nouméa (Nouvelle-Calédonie)
  • Eléments air à Libreville (Gabon)
  • Eléments Français d'assistance opérationnelle à N'djamena (Tchad)
Consulter les sites des bases aériennes