Les prières

PRIERE DU PARA

La traversée d’un héros mythique…

Dés le lendemain d’un armistice qui concrétisait la défaite de la France face à l’Allemagne nazie (Juin 1940), André Zirnheld quitte Beyrouth, où stationnait son unité, déserte en franchissant la frontière libano palestinienne, rejoint les premières unités françaises qui voulaient continuer la lutte avec le Général De Gaulle.

En mai 1941, il effectue le stage d’élèves officiers à l’école des aspirants de Brazzaville (capitale du Congo français).

A l’issue du stage, il choisit de servir avec les parachutistes de la 1ère Compagnie d’Infanterie de l’Air et son ‘’French squadron ‘’ intégré aux premiers S.A.S du Major Stirling à Kabrit (Egypte).

Le 26 juillet 1942, l’Aspirant Zirnheld participe à un raid sur l’aérodrome de Sidi Hamneish (Libye) où une trentaine d’avions allemands sont détruits.

Lors de son repli à travers sable et rochers, une crevaison de sa jeep l’oblige à s’arrêter. Subissant une attaque aérienne de 4 avions allemands, Zirnheld est grièvement blessé, il meurt à midi.

Le 27 juillet, avant de couvrir son corps de pierres dans le désert de Tripolitaine, ses camarades font l’inventaire de son sac, ils trouvent deux livres, un ouvrage sur Saint Paul et un du grand philosophe Bergson. Dans les papiers de l’Aspirant Zirnheld, un poème qu’il avait écrit lui-même en 1938. Professeur agrégé de philosophie avant son engagement, sa haute idée de l’homme lui assurait une autorité morale incontestée auprès de ses compagnons d’armes français et britanniques.



 

Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste

Donnez-moi ce qu'on ne vous demande jamais.

Je ne vous demande pas le repos

Ni la tranquilité

Ni celle de l'âme, ni celle du corps.

Je ne vous demande pas la richesse

Ni le succès, ni même la santé.

Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement

Que vous ne devez plus en avoir.

Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste.

Donnez-moi ce que l'on vous refuse.

Je veux l'insécurité et l'inquiétude.

Je veux la tourmente et la bagarre

Et que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement.

Que je sois sûr de les avoir toujours

Car je n'aurai pas toujours le courage

De vous les demander.

Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste.

Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas.

Mais donnez-moi aussi le courage

Et la force et la Foi.

André ZIRNHELD




 

LA PRIERE DU FUSILIER COMMANDO

Cette prière, inspirée de l'insigne de béret, fut composée en 1993 par le frère Philippe, lorsqu'il était padré (aumônier militaire) sur la base d'Aix, pour les fuscos qui désiraient fêter dignement Saint-Michel. Le major Maurice Bernal lut le texte avant sa version définitive et proposa quelques modifications, sans toutefois rien enlever au sens. Elle fut ensuite examinée par le Poste de Commandement, avant de sortir, accompagnée d'un dessin réalisé par un militaire du rang.

Le Diocèse militaire adopta cette prière en 1995, sur la base de Nîmes, où elle fut récitée à la messe de Saint-Michel après les sauts traditionnels.

Philippe Vaneste.

D'abord affecté en 1991 comme padré des unités vertes de la base de Mont de Marsan (ces unités sont les fuscos, les pompiers et le Génie), on le nomma par la suite comme padré de remplacement au 6ème RPIMA, avant qu'il ne rejoigne l'année suivante la garnison d'Aix où l'on cherchait également un padré.

Fin 1992, il est fait « commando d'honneur » de l'Escadron de Protection de Mont de Marsan en présence du Général du CEAM.

Quittant l'armée en octobre 1995, il occupa ensuite la charge de supérieur d'un monastère en Bosnie où il retrouva d'anciennes connaissances, notamment des 6ème et 1er RPIMA.

Le frère Philippe est actuellement moine trappiste à l'Abbaye du Mont des Cats, dans le nord de la France.